JAPON: Quinzaine des sportifs obèses en string de soie

f3593376e95a5f6120802c39b9d3a1da_large sumo050 54c1a7dbef32543b0a03773f47118a63_large  Sumo2-621x326Au pays du Soleil levant, les premiers demi-dieux viennent de fouler le sol du dohyô ce week-end. Quelques 150 kg en moyenne, de chaque côté des lignes blanches, se jaugent avant de commencer à charger dans une arène d’argile tassée de 4,55 mètres.

Natsu-basho-2015

Nous sommes à Tokyo pour le troisième et plus important tournoi mondial de sumo. Une tradition lourde de 2500 ans que les Japonais et amateurs du genre ne manqueraient pour rien au monde. Les places sont chères et se réservent longtemps à l’avance. Car, durant quinze jours, les rikishi, ces impressionnants lutteurs de sumo, vont s’affronter pour poursuivre leur ascension au titre de yokozuna, celui de champion suprême, véritable demi-dieu au Japon. Et pour cause, l’entraînement est drastique! Ne devient pas fort et obèse qui veut…

Dès 5 heures du matin, les rikishi pratiquent endurance, souplesse et force, jusque 11 heures environ. Les plus forts sont capables de déplacer jusqu’à 300 kg… Après 6 longues heures de dur labeur à jeun, s’ensuit alors le moment des soins hygiéniques correspondant au bain et au passage chez le tokoyama (comprenez le coiffeur). Les cheveux des lutteurs nécessitent en effet beaucoup d’entretien car ils ne sont jamais coupés avant l’âge de la retraite. Chaque jour, ils sont soigneusement huilés et noués en chignon.

DSC_0736_177034  fokn  sumo00009Midi sonne enfin! Et le premier repas de la journée arrive. Au menu, le traditionnel  chankonabe constitue un genre de ragoût de poulet au saké ou au mirin. Mais ne vous y trompez pas, le chankonabe est composé d’une grande quantité de protéines, généralement du blanc de poulet sans la peau, du poisson frit, du tofu, du bœuf et des légumes comme le daikon (radis), le chou chinois, ou les champignons shiitake. Il est très gras et très salé, pour aider les lutteurs à assimiler conjointement une énorme quantité de riz ou de nouilles  ainsi que divers « amuse-gueules » (beignets de poissons, boulettes de viande, pâté de tofu, gâteaux de riz, bouillon de nouille, etc), le tout accompagné de boissons sucrées (jus de fruit, sodas, bières, ..).

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Au moment de la digestion, amorphes, les rikishi sombrent dans une longue sieste jusqu’au milieu de l’après-midi afin de stocker un maximum de graisse et de prendre du poids. Quelques heures plus tard, ils remettent le couvert, ou plutôt la baguette avec le même menu, juste avant d’aller dormir, selon les mêmes principes d’engraissement. Ce gavage monotone représente quotidiennement entre 8 000 et 10 000 calories par jour, l’équivalent d’une vingtaine de gros hamburgers…

Sumo_ceremony

C’est qu’il faut tenir la forme et le rythme! Ces grands tournois annuels, appelés basho, sont organisés chaque mois impair et sont empreints de nombreux rituels et cérémonies traditionnelles. Les femmes y sont, par exemple, interdites car considérées impures selon la tradition shintoïste qui ne tolère pas de sang sur le dohyô. Quant aux règles du sumo, elles sont très codifiées, malgré l’absence étonnante de catégories de poids dans les combats. Chaque rikishi peut donc affronter un adversaire pesant de 70 à 280 kg. Ce qui rend parfois certains combats pour le moins cocasses.

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