BOLIVIE: Speed dating sur ring de boxe naturel

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Marre d’être célibataire? Rendez-vous au plus vite à l’agence et réservez le premier billet pour La Paz ou l’aéroport de Sucre, en Bolivie. De là, prenez les bus locaux jusqu’au coeur de l’Altiplano et venez assister aux festivals Tinku, célébrés chaque année au début du mois de mai. Le voyage sera un peu rude, certes, mais on a rien sans rien, paraît-il… Ah, dernier petit conseil: âmes sensibles s’abstenir!

Mais ne vous méprenez pas. Le Tinku est avant tout célébré en l’honneur de la Pachamama, la déesse de la Terre. Dès le premier jour, mettez-vous dans l’ambiance et faites comme tous les villageois: enivrez-vous de bière, de chicha (alcool de maïs) et puis, tant que vous y êtes, de Puro, un alcool à 90°. Surtout, ne lésinez pas, vous en aurez bien besoin pour admirer le spectacle.

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Le premier jour, les villageois défilent dans les rues, vêtus de magnifiques costumes traditionnels.

L’alcool fait déjà son effet? Parfait. Mêlez-vous alors aux rondes que forment les hommes autour des femmes. Tandis que celles-ci chantent des mélodies aux tonalités très aigües, les hommes scandent les rythmes en tapant du pied. Car le Tinku, en langue quechua, signifie rencontre ou convergence. Il est ainsi chaque année à l’origine de nombreux mariages.

Le lendemain, ne vous laissez pas abattre par une bête gueule de bois, pas maintenant. Réattaquez au Puro car le deuxième jour, les danses cèdent la place aux combats. Oui, vous avez bien lu. Combat. Entre hommes bien sûr. Car Tinku signifie aussi « sens du combat ». Ainsi, des petits cercles se forment autour de deux hommes, bras tendus, poings fermés, parfois avec une pierre…

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Ainsi, se nourrit Pachamama… Du sang de ces villageois, de ce nectar pourpre aux vertus de prospérité pour les terres et de fécondité dans les foyers. Présentant également le vice de la gourmandise, Pachamama se satisfera aussi des morts dont ces combats rituels d’une violence aussi extrême que rare auront eu raison.

Fortement ancrés dans les traditions boliviennes, les Tinkus sont vécus comme de véritables offrandes à la déesse qui les remerciera par d’abondantes récoltes. On ne pleure ni les blessés, ni les morts, que du contraire. D’un point de vue plus sociologique, ces rituels contribuent à réguler les tensions entre les différentes communautés. Une justice comme une autre…

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