JAPON: Un rugby à 900, dans le noir et… en sous-vêtements!

Samedi soir. Dans la petite ville balnéaire d’Okayama, les visiteurs (et surtout visiteuses) affluent en masse au temple de Saidaiji. Les plus prévoyants prennent place sur des sièges réservés longuement à l’avance. Un an déjà qu’ils attendent l’incontournable, séculaire mais non moins dévergondée Fête de la Nudité ! En coulisses, quelques 900 hommes patientent, sous des températures glaciales et… en sous-vêtements traditionnels japonais.

Les fundoshi laissent ainsi tout le loisir de contempler hanches, cuisses et paires de fesses masculines. Il y en aura pour tous les goûts, Mesdames. C’est la fièvre du samedi soir à Okayama… A l’intérieur du temple, les participants s’entassent. Un prêtre, du haut de sa fenêtre, déverse de l’eau sur la mêlée en liesse.

“Night fever, night fever.

We know how to do it.”

(Bee Gees)

Minuit sonne ! Extinction des feux. Du haut d’une des fenêtres, le prêtre jette dans la masse magmatique grondante, le sacro-saint Graal de la soirée, un petit bâton en bois de 20 centimètres de long sur 4 de diamètre.

Le coup d’envoi est lancé. Une mêlée géante de 900 corps nus se met en branle, à la conquête du fameux shingi. La règle du jeu est simple : s’emparer du bâton et l’enfoncer dans la masu, une petite boîte de bois située en hauteur et remplie de riz. 

Transformer l’essai vaut le titre de « Chanceux » et la bénédiction d’une année de bonheur. Heureusement, plusieurs shingi seront lancés au cours de la soirée. Mais la mêlée n’en demeure pas moins rude !

C’est que les participants s’entraînent depuis leur plus jeune âge. La veille à 18h, tous les garçons des écoles font de même pour remporter des gâteaux de riz ou des petits cadeaux.

Il s’agit d’une tradition vieille de cinq siècles, lorsque les fidèles de l’époque se battaient pour recevoir des talismans en papier, jetés par des prêtres, pour signifier la fin des pratiques ascétiques du Nouvel An. La croyance populaire pensait que ces morceaux de papier conféraient de la chance. Mais, au vu de leur fragilité, ces porte-bonheurs furent remplacés par des amulettes en bois.

Depuis 500 ans, chance et nudité s’expriment de concert. A méditer…

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