Les campagnes de Bohème s’obscurissent. La nuit approche. Une nuit spéciale, dite magique même. Alors, la tradition gronde dans les foyers. On se prépare. Car ce soir, cette nuit, on va brûler de la sorcière! Ces servantes de Satan qui, chaque veille de 1er mai, se réunissent pour célébrer le Sabbat et accomplir les desseins maléfiques de leur maître.
Du moins, c’est ce que pensaient les villageois à l’époque médiévale. Qu’il existait des soirs, comme celui-ci, propices aux forces du mal. Alors, pour s’en protéger, ils allumaient de grands feux à différents endroits surélévés. Au fil du temps, les feux annuels se transformèrent en “bûchers de sorcières”. Les jeunes allumaient des balais puis les jetaient en l’air afin de voir comment volaient les sorcières.
Aujourd’hui, la tradition est encore bien ancrée et des milliers de grands feux sont allumés un peu partout dans le pays. A présent, les enfants se déguisent en sorcières et les gens dansent autour des feux pour célébrer les beaux jours.

Car les Bûchers des Sorcières font écho également à une coutume celtique très ancienne, la fête de Beltaine, célébrant le renouveau de la nature, la nouvelle saison, l’été. Pour le monde celtique, l’année était divisée simplement en deux: l’hiver au 1er novembre et l’été au 1er mai. Mais, les flammes étaient également censées les protéger des mauvais esprits et des maladies.
Des rites païens qui se perpétuent aujourd’hui encore en République tchèque mais aussi en Allemagne sous la forme de la célèbre Nuit de Walpurgis, en Roumanie, en Suède, et même en France, ou plus exactement en Moselle.

