Chaque année, à partir du 15 mai, la paisible petite commune de Cluny située en Saône-et-Loire s’accorde l’appellation non contrôlée de ”Terroir de la honte”. Durant plusieurs jours, des centaines de ”chasseurs” afflueront afin de s’adonner au célèbre et défoulant déterrage de blaireau. 

Pour les néophytes, le jeu consiste, comme son nom l’indique, à déterrer des blaireaux. La technique est simple: on obture préalablement toutes les issues du terrier et on y introduit, généralement un à un, de magnifiques chiens de chasse aux dentitions impeccables afin d’acculer l’animal au fond de son terrier. Une fois que c’est fait, les “chasseurs” creusent alors le sol avec des pelles ou des pioches pour ensuite extirper le blaireau à l’aide de grandes pinces métalliques.

  

Au bout de ces quelques heures de combat difficile et acharné, le féroce animal est enfin abattu à l’arme blanche, à feu, avec une dague de vénerie, voire un pieu. Parfois, dans un élan d’”humanité” soudain, il est relâché… blessé par les chiens. Ceux-là ne pourront donc plus “concurrencer les chasseurs sur le gibier mangeable” ni détruire les récoltes, but avoué des festivités.

Aujourd’hui, ainsi que demain et après demain, Cluny organise le Championnat du déterrage de blaireau pour récompenser les plus valeureux chasseurs de cette lutte sans merci contre la prédation et la destruction de l’écosystème. Je n’ai donc pas pu m’empêcher de vous présenter ce véritable festival de l’horreur qui n’a rien à envier à certaines autres pratiques d’abattage par nos voisins asiatiques et qui pourtant nous ont tant insurgés!

Pour ceux qui se sentent concernés et honteux par de telles pratiques… chez nous, dans nos campagnes: http://www.abolition-deterrage.com/petition_deterrage.htm. Ames sensibles, s’abstenir sur la vidéo… insupportable!

Marre d’être célibataire? Rendez-vous au plus vite à l’agence et réservez le premier billet pour La Paz ou l’aéroport de Sucre, en Bolivie. De là, prenez les bus locaux jusqu’au coeur de l’Altiplano et venez assister aux festivals Tinku, célébrés chaque année au début du mois de mai. Le voyage sera un peu rude, certes, mais on a rien sans rien, paraît-il… Ah, dernier petit conseil: âmes sensibles s’abstenir!

(c) Christian Gluckman, http://www.edouardas.com)

Mais ne vous méprenez pas. Le Tinku est avant tout célébré en l’honneur de la Pachamama, la déesse de la Terre. Dès le premier jour, mettez-vous dans l’ambiance et faites comme tous les villageois: enivrez-vous de bière, de chicha (alcool de maïs) et puis, tant que vous y êtes, de Puro, un alcool à 90°. Surtout, ne lésinez pas, vous en aurez bien besoin pour admirer le spectacle.

Le premier jour, les villageois défilent dans les rues, vêtus de magnifiques costumes traditionnels.

L’alcool fait déjà son effet? Parfait. Mêlez-vous alors aux rondes que forment les hommes autour des femmes. Tandis que celles-ci chantent des mélodies aux tonalités très aigües, les hommes scandent les rythmes en tapant du pied. Car le Tinku, en langue quechua, signifie rencontre ou convergence. Il est ainsi chaque année à l’origine de nombreux mariages.

Le lendemain, ne vous laissez pas abattre par une bête gueule de bois, pas maintenant. Réattaquez au Puro car le deuxième jour, les danses cèdent la place aux combats. Oui, vous avez bien lu. Combat. Entre hommes bien sûr. Car Tinku signifie aussi “sens du combat”. Ainsi, des petits cercles se forment autour de deux hommes, bras tendus, poings fermés, parfois avec une pierre…

Ainsi, se nourrit Pachamama… Du sang de ces villageois, de ce nectar pourpre aux vertus de prospérité pour les terres et de fécondité dans les foyers. Présentant également le vice de la gourmandise, Pachamama se satisfera aussi des morts dont ces combats rituels d’une violence aussi extrême que rare auront eu raison.

Fortement ancrés dans les traditions boliviennes, les Tinkus sont vécus comme de véritables offrandes à la déesse qui les remerciera par d’abondantes récoltes. On ne pleure ni les blessés, ni les morts, que du contraire. D’un point de vue plus sociologique, ces rituels contribuent à réguler les tensions entre les différentes communautés. Une justice comme une autre…

Accrochez vos ceintures, nous partons aujourd’hui pour Cocullo, un petit village de 285 habitants perdu dans les terres reculées des Abruzzes, à environ 100 km à l’Est de Rome. Le spectacle en vaut le détour! Pour preuve, le village est envahi de milliers de pélerins, de touristes et de… serpents!

Car ce sont eux aujourd’hui les dieux de la fête que tous viennent vénérer. Capturés il y a deux mois environ dans les alentours du village, ces milliers de serpents ont pour rôle aujourd’hui d’accompagner les habitants de Cocullo qui défilent en costumes traditionnels parés de ces charmants reptiles à l’occasion de la procession de saint Dominique.

Saint Dominique, un moine bénédictin du 10ème siècle, natif de la région, que le clergé fit passer pour le protecteur contre les morsures de serpents. Mais, en vérité, cette tradition religieuse consistant à le vénérer, en portant sa statue couverte elle aussi de serpents à travers tout le village, tire ses racines dans un culte païen bien plus ancien, dédié jadis à Angitia, la déesse des serpents.

Mais peu importe car aujourd’hui, comme chaque premier jeudi du mois de mai, chacun y participe ou vient admirer le singulier spectacle et surtout prouver sa bravoure face à la nuée de serpents… pas du tout venimeux.

Même pas peur!

Les campagnes de Bohème s’obscurissent. La nuit approche. Une nuit spéciale, dite magique même. Alors, la tradition gronde dans les foyers. On se prépare. Car ce soir, cette nuit, on va brûler de la sorcière! Ces servantes de Satan qui, chaque veille de 1er mai, se réunissent pour célébrer le Sabbat et accomplir les desseins maléfiques de leur maître.

Du moins, c’est ce que pensaient les villageois à l’époque médiévale. Qu’il existait des soirs, comme celui-ci, propices aux forces du mal. Alors, pour s’en protéger, ils allumaient de grands feux à différents endroits surélévés. Au fil du temps, les feux annuels se transformèrent en “bûchers de sorcières”. Les jeunes allumaient des balais puis les jetaient en l’air afin de voir comment volaient les sorcières.

Aujourd’hui, la tradition est encore bien ancrée et des milliers de grands feux sont allumés un peu partout dans le pays. A présent, les enfants se déguisent en sorcières et les gens dansent autour des feux pour célébrer les beaux jours. 

Car les Bûchers des Sorcières font écho également à une coutume celtique très ancienne, la fête de Beltaine, célébrant le renouveau de la nature, la nouvelle saison, l’été. Pour le monde celtique, l’année était divisée simplement en deux: l’hiver au 1er novembre et l’été au 1er mai. Mais, les flammes étaient également censées les protéger des mauvais esprits et des maladies.

Des rites païens qui se perpétuent aujourd’hui encore en République tchèque mais aussi en Allemagne sous la forme de la célèbre Nuit de Walpurgis, en Roumanie, en Suède, et même en France, ou plus exactement en Moselle.

Dans le port d’Amsterdam, il y a des marins qui boivent… Et il y a aussi des milliers de jeunes qui font la fête chaque année le 29 avril au soir à l’occasion de la Queen’s Night ou Koninginnenacht (pour les initiés). L’occasion pour les Hollandais de marquer leur attachement à la royauté en célébrant l’anniversaire de la Reine Mère, Juliana des Pays-Bas, depuis maintenant une cinquantaine d’années.

(c) Ben Visbeek

Tandis que la jeunesse néerlandaise écume la capitale, de clubs en clubs, où sont organisées de nombreuses soirées, le reste de la population se réserve pour demain, afin de profiter du Koninginnedag ou Queen’s Day, vous l’aurez compris. Pour l’occasion, Amsterdam s’apprête à accueillir plus de 700 000 visiteurs venus de toute l’Europe savourer l’immense fête organisée à travers la ville.

Un véritable festival de rue, avec ses parades, ses théâtres ambulants, ses concerts de rock, ses bateaux défilant sur les canaux au rythme des déhanchements endiablés, ses DJ’s et surtout ses fameux groupes de chanteurs traditionnels louant la beauté d’Amsterdam.

(c) Ben Visbeek

Mais le Queen’s Day, c’est aussi et surtout pour les chasseurs de bonnes affaires LE rendez-vous annuel à ne pas manquer en raison de la gigantesque brocante, le Vrijmarkt, organisée par tous les habitants de la ville. Sans compter bien entendu la grande fête en plein air de la célèbre communauté gay d’Amsterdam.

(c) Ben Visbeek

Amsterdam, le place to be du jour.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Matsu. On ne sait pas exactement quel âge elle a, mais peu importe. Dans le coeur des marins de Taïwan, chaque année, un festival sous forme de pélerinage lui est consacré. Rien que pour elle, Matsu, la déesse de la mer.

Matsu, alias Lin Mo, une fille de marin qui vécut au 10ème siècle. On la trouvait souvent, le long des côtes, vêtue de rouge, guidant les bateaux vers le port lors des tempêtes. L’histoire raconte qu’elle fut emportée lors d’une nuit orageuse, en tentant de sauver un marin. A sa mort, c’est tout le littoral qui lui rendit hommage en érigeant des temples depuis la Chine et Taïwan jusqu’à Singapour et au Japon.

Rien que sur l’ancienne Formose, plus de 500 temples et même un petit lopin de terre en face l’île lui sont dédiés. Lors du festival annuel, des milliers de pélerins munis d’offrandes escortent une statue de la déesse sur quelques 280 km, au son des drums et des gongs. Durant neuf jours et neuf nuits, Matsu est vénérée. La belle et noire Matsu, lovée dans sa cape rouge, qui continue à protéger et guider les marins…

Bon anniversaire Matsu!

Non, pas exactement! Disons qu’une petite erreur (humaine) de date s’était glissée en début de mois. Mais, qu’à c’la n’tienne, r’v'nez donc quand même chasser l’malin sous les jupes des donzelles au cœur de cette bonne vieille Europe aux traditions paillardes! 

L’arme du jour: un soufflet, pour ne pas changer.

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Pour la tenue d’apparat, enfilez une chemise de nuit blanche décorée de rubans de couleur ainsi qu’un bonnet de nuit assorti et masquez-vous le visage d’un loup noir. Vous voilà fin prêt pour rejoindre la procession des Soufflaculs qui sévissent chaque année à la même période au coeur du Jura et de l’Aquitaine.

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Toute l’après-midi, ces grivois lurons auront pour délicate mission de chasser les démons dans les moindres recoins, et donc bien sûr sous les jupes des filles (on comprend mieux le port du masque). Au soir venu, les Soufflaculs se réunissent sur la place pour brûler le roi. La fête se clôture aux lueurs d’un grand feu d’artifices.

Une tradition qui remonte au Moyen-Age lorsque les moines de l’abbaye de Condat et les Bons Pères du Couvent de Saint-Sauveur, tout de blanc vêtus, descendaient en file dans le village en activant un soufflet en direction de celui qui le précédait. Par la suite, les laïcs se joignirent à la fête qui prit alors des allures plus libertines et le nom de Mascarade des Soufflaculs.

Aujourd’hui, seules les petites communes de Nontron et Saint-Claude (ce 29 mars dernier) perpétuent encore cette tradition séculaire, souvent sur un mode bon enfant et avec une certaine pointe de “modernisme” notamment au niveau du masque…

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